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Un souffle intérieur
Caroline GEOLLE
En hommage à Lanza Del Vasto, pour qui la paix n’était pas un état mais un chemin et
dont l’engagement reposait sur l’exigence d’une cohérence entre vie intérieure et action.
Cette sculpture se découvre habituellement depuis l’extérieur. On en perçoit la forme suspendue, la matière rouillée, les gravures ajourées, mais le regard du passant demeure face à sa surface. Avec cette photographie, je choisis de déplacer cette position : au lieu de contourner l’objet, je pénètre son vide. J’entre dans un espace que l’on ne voit pas, un intérieur qui, depuis l’extérieur, paraît simplement creux, voire inexistant. Or cet intérieur n’est pas neutre. C’est là que la lumière agit réellement. En traversant les découpes, elle projette, inverse, fragmente les mots et les dessins sur la paroi opposée. Ce qui est lisible dehors devient dedans une apparition lumineuse, instable, une présence secrète. L’image révèle ainsi une dimension cachée de l’œuvre. Elle montre que la sculpture ne se réduit pas à son enveloppe métallique : elle abrite un espace actif, un lieu de rencontre entre lumière, matière et mouvement. Dès lors, le vide n’apparaît plus comme une absence, mais comme un monde qui se déploit derrière ce que l’on croit connaitre.





La main
Jean-Marie GIRARD
Cette main ajourée dans l’acier de cette sculpture mobile, fait écho aux empreintes laissées sur les parois des grottes préhistoriques. Des millénaires plus tard, le même symbole demeure, rappelant combien le besoin de représenter, de laisser une trace et de témoigner de sa présence est au cœur de l’expérience humaine. Le regard du photographe révèle cette permanence : ce qui semblait n’être qu’un détail devient la résonance d’un geste ancestral.

Jungle urbaine
Béatrice Fontanarosa
Dans un renversement d’échelle radical, la photographe s’ancre au plus près du sol, au cœur même de l’herbe. Immergée dans ce monde végétal, elle s’y insère littéralement et nous entraîne dans un univers inconnu qui se déploie sous nos pieds. Ce changement de point de vue bouleverse immédiatement nos repères habituels : ce qui semblait n’être qu’un tapis uniforme devient un paysage complexe, habité de formes, de volumes, de passages et de densités.
À cette échelle, chaque tige s’élève comme un arbre, chaque espace entre les brins devient une clairière, chaque ombre une profondeur. L’image ne se contente plus de montrer l’herbe : elle la transforme en territoire à part entière, vaste et presque infini dans ses micro-reliefs. Le regard ne survole plus, il circule, se perd, s’attarde dans un environnement qui n’est plus réduit mais démultiplié. La photographie devient un outil de révélation, le cadre, un espace d’expansion où le réel se déploie bien au-delà de ses limites apparentes.
