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Etape 5 : « Port Propre »

Samedi 8 juin 2019, c’est l’étape 5 du projet Libre Cours sur le thème « Port Propre » en l’honneur de la journée Port Propre 

Cette thématique sera abordée par nos photographes dans un style « Reportage » agrémentée de questions que chacun aura préparé et qui seront posées aux acteurs de la journée port propre.

 

Caroline Geolle

La journée Port Propre a réuni de nombreux bénévoles et associations afin de nettoyer et sensibiliser la population aux dégâts que causent les déchets sur la faune, la flore, l’environnement, et qui nous reviennent tel un boomerang.

 

Pour Emmanuel Grandjean dit « Manu », Maître du Port de la ville, « tout finit à la mer ». Il constate qu’il y a de moins en moins de déchets dans le port mais toujours autant sur les digues comme des canettes, des boites de polystyrène par milliers.

 

 

Rémy et Jacky sont membres de l’association APPGM (Association des Plaisanciers du Port de La Grande Motte). Ils sont à l’oeuvre pour le grand nettoyage du port. Cela fait 5 ans qu’ils s’y attellent et ressortent des eaux portuaires des batteries, des vélos et toutes sortes de ferrailles.

 

A bord de leur voilier, Elodie Gasparin et Leslie Bissey, fondatrice de WEOCEAN , portent la campagne ECOGESTE, afin de valoriser les initiatives pour un océan durable. Elles informent et sensibilisent les plaisanciers et leur donne le Guide Pratique « Vivre et respecter la mer au quotidien ».

« La Campagne ECOGESTE OCCITANIE existe depuis 3 ans et notre association WEOCEAN est porteuse de la campagne depuis 2 ans. Notre particularité est que l’on est basé sur un voilier et on sillonne les ports pour porter cette campagne Ecogeste ». Par exemple, « La posidonie a été fortement endommagée ces dernières années, par la pollution mais aussi par l’ancrage des bateaux. Alors là, on essaie de leur présenter, s’ils ne la connaissent pas,  ce que c’est, pourquoi il faut la protéger et comment faire pour la protéger. »  Autre exemple, la vaisselle, « beaucoup de personne font la vaisselle à bord de leur bateau et on leur dit de faire attention car ça part directement à la mer ». Elodie et Leslie leur conseillent alors d’utiliser des produits qui ont le moins d’impact possible sur l’environnement. « Nous leur présentons les éco labels, et nous les informons sur les différents types de certification qui permettent de trouver facilement des produits qui ont peu d’impact sur l’environnement. » Elodie et Leslie abordent aussi d’autres thématiques comme les déchets et la consommation d’eau pour le nettoyage des bateaux. 

Le guide pratique Ecogestes qu’elles distribuent aux plaisanciers, nous donne plein d’infos très intéressantes et des chiffres choc : 500 000 tonnes de déchets sont jetés dans les eaux européennes chaque année soit 1,5 kg par seconde !

 

L’on ne présente plus la célèbre ONG de défense des océans, SEA SHEPHERD fondée en 1977 par le Capitaine Watson. Le groupe local de Montpellier était représenté à La Grande Motte ce samedi 9 juin 2019, sur le quai d’honneur.

Bruno Helas, membre de l’ONG, nous raconte :

« A une époque, il y a eu des tentatives de recyclage des pneus, pour faire des abris à poisson, faire des récifs artificiels, et on pensait que ça allait générer une vie autour de ça. En fait , on se rend compte au bout de plusieurs années que c’était des éléments extrêmement polluants. »

Que trouvez-vous comme déchets ? 

« Les principaux déchets que nous retrouvons très souvent c’est beaucoup de polystyrène qui viennent s’accrocher dans les digues, et le problème de ces polystyrènes est qu’ils se fragmentent. On a déjà observé des méduses translucides, avec à l’intérieur des petits morceaux de polystyrène. Donc c’est ingéré par toute la faune à tous les niveaux quelque soit la taille de ces morceaux de polystyrène. » 

« On a des tortues qui font des occlusions et qui meurent à cause des sacs plastiques et morceaux de polystyrène. Le CestMed s’occupe de ces tortues-là et les soigne. »

Les déchets sont-ils différents selon les ports ?

« Depuis quelques années, nous faisons des ramassages sur les communes de Palavas, Carnon, La Grande Motte, le Grau du Roi, Sète aussi. On rayonne autour de Montpellier, et c’est quelque chose de récurent partout, tout ce qui est plastique à usage unique, des pailles, des gobelets, ça on en trouve énormément. Alors je ne parle pas des mégots, c’est en très grande quantité, c’est petit mais ça pollue énormément. Un seul mégot pollue des mètres cube et des mètres cube d’eau. C’est extrêmement polluant. »

Que constatez-vous depuis que ces opérations existent ?

« Ces opérations régulières permettent de réduire tout ce qui est ferraille rouillée mais par contre on se rend compte qu’il y a encore un gros message à faire passer, arrêter de jeter, arrêter d’utiliser des objets non réutilisable, à usage unique, les gobelets c’est légers, ça s’envole. »

« Les gens qui nous voient ramasser et nous posent des questions. Ca fait avancer. »

« Les déchets que l’on peut trouver dans le port de la grande motte, n’ont pas forcément été jetés à la Grande Motte. Ca peut venir de beaucoup plus haut. Nous essayons de développer des partenariats avec les mairies. Nous avons fait des pochoirs en parquant une inscription « Ici commence la mer » au niveau des grilles (caniveaux) ; les gens y jettent leur mégot et pense le mettre à la poubelle, mais non pas du tout , ça part directement à la mer. » Et où que vous soyez !!!

Photo Sea Shepherd

Et oui, la pollution des océans commence au plus haut sommet des montagnes et comme le disait Manu « Tout finit à la mer » et ça, il faut vraiment s’en souvenir.

 

 

 

Sébastien BOULESTEIX

Membres de l’association Les Loups de Mer

Samedi 8 juin a eu lieu la journée port propre. Plusieurs associations et bénévoles ont répondus présent pour nettoyer le port et ses abords. Ainsi les membres de l’association Les Loups de Mer aidés par les plongeurs du club La Palanquée ont remontés divers déchets à quai comme des vélos, trottinette, batteries, ferraille… Les Loups de Mer m’ont tout de même dit qu’au fil des années, de moins en moins de déchets étaient sortis de l’eau.

Elodie et Leslie – ambassadrice EcoGestes et fondatrice de WeOcean

D’autres associations sont aussi là pour informer et sensibiliser le public à la préservation du milieu marin et son littoral. EcoGestes Méditerranée est une campagne menée en Occitanie et PACA et soutenue par plusieurs associations. Les ambassadeurs EcoGestes comme Leslie et Élodie, fondatrice de WeOcean, vont à la rencontre des plaisanciers afin d’échanger sur leur pratique à bord du bateau (vaisselle, eaux usées, tri des déchets…) Chaque plaisancier est ensuite invité à adopter au moins un EcoGeste pour améliorer sa pratique et préserver l’espace marin. Comme par exemple de respecter les zones d’ancrage autorisées afin d’éviter le « labourage » des fonds marins et notamment les herbiers de posidonie extrêmement fragile mais essentiel à la biodiversité marine. Chaque bateau engagé se voit remettre le fanion EcoGestes. Leslie et Élodie sont biologistes de la vie marine et surtout passionnées. Elles ont passés plusieurs mois en mer pour aller à la rencontre des différents acteurs œuvrant pour un océan durable. Lors de leur voyage, elles ont pu aussi observer dauphins, rorqual, cachalot, tortues… Et Élodie me confiait que « malgré la pollution bien réelle, plastiques, mégots (on n’en parle même pas !) elle préférait se concentrer sur le positif. La méditerranée cache encore de belles surprises. On peut encore être émerveillée et ça vaut le coup de se bouger pour les protéger. »

 

Les différents types de plastiques sont lavés, séchés puis broyés avant d’obtenir ce petit pot.

Parmi les nombreuses initiatives existantes, l’une d’elles est présentée par l’Institut Marin du Seaquarium du Grau du Roi. Il s’agit du projet ReSEAclons. Démarré il y a un an, il permet de collecter, recycler et valoriser les déchets plastiques marins qui jusqu’à présent étaient destinés à être incinérés ou enfouis. Une innovation venue de la Plastic Vallée dans l’Ain, permet de mélanger les différents types de plastiques entre eux, jusqu’à maintenant impossible, pour au final arriver à fabriquer ce petit pot. Il s’agit là encore d’un prototype, le procédé de fabrication est amené à s’améliorer et une réflexion est en cours sur les objets qui pourraient voir le jour : pot de fleur, jardinière… Les pêcheurs du Grau du Roi, entres autres, sont engagés dans ce projet, eux qui au fil des années remontent de plus en plus de plastique dans leurs filets. D’ailleurs d’ici 2050, il pourrait même y avoir plus de plastique que de poissons ! « Il est encore temps de changer les choses. »

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